2014 : 5e Edition de l’UROI

Manifestation bisannuelle, l’Université Rurale de l’Océan Indien célèbre cette année son dixième anniversaire. Que de chemin parcouru depuis la première édition de 2004 au cours de laquelle nous avions posé le principe fondateur qui soutient notre engagement : la promotion de la ruralité comme élément (...)

Le paysage rural est essentiel dans les débats concernant la ruralité. Quelques éléments factuels montrent que la dimension spatiale dans laquelle s’inscrit le monde rural se fragilise de plus en plus parce que soumise :

aux érosions urbaines qui rognent son territoire, aux nouveaux modes d’habiter, aux pressions climatiques qui contraignent la gestion paysagère.

Les enjeux liés au paysage se posent de façon interrogative :

comment préserver un territoire qui est la base structurante de l’identité réunionnaise ? comment faire évoluer cet espace en tenant compte des nouvelles exigences économiques ?

Quels sont les points de ruptures irréversibles qui contraindraient nos formes paysagères actuelles à disparaître ?

Ces trois éléments qui participent à des dynamiques antagonistes revêtent une acuité particulière dans notre île en raison même de notre insularité, de notre démographie et défis à relever dans le cadre d’un nouveau modèle de développement économique. Suivant les choix à opérer, le paysage réunionnais apparaîtra comme une opportunité ou une contrainte. La considération esthétique paysagère devra être intégrée à notre réflexion car elle conditionne le développement touristique de l’île.

Enfin, la politique du Parc National de la Réunion, entre nécessité de protection et inscription du dispositif dans un projet de développement global de la Réunion, doit être intégrée à notre réflexion afin de déboucher sur des propositions opérationnelles.

Les politiques culturelles sont de plus en plus territorialisées. Elles s’inscrivent en effet dans des espaces particuliers qui ont une histoire et des expressions originales. Ces politiques différenciées suivant les territoires et leurs aspirations trouvent tout leur sens à la Réunion qui est conditionnée par une géographie singulière qui détermine une frange côtière et un cœur de pays à dominante rurale.

Il est désormais démontré que la culture est un élément essentiel de développement local. Il s’agit d’une ressource, c’est-à-dire une richesse « naturelle » sur laquelle doit se fonder un projet de développement. Cette ressource est à conjuguer avec les atouts touristiques du monde rural afin de définir un modèle économique qui allie authenticité, savoir-faire et promotion de ’identité.
Cependant, à l’heure où la gouvernance militante prône l’égalité des territoires, dans un espace contraint tel que la Réunion, le milieu rural pâtit du déséquilibre d’accès à la création, la formation et la diffusion culturelles.

Par ailleurs, en matière de développement touristique, l’émergence de structures d’accueil de plus en plus nombreuses nous conduit à nous interroger sur la consolidation de ces entreprises notamment par le renforcement de la qualité de l’accueil.

Dans le contexte actuel de raréfaction budgétaire, il convient dès lors de penser à de nouveaux outils, de nouvelles approches afin de soutenir l’action culturelle et touristique.

Ces outils sont de plusieurs natures : financière, managériale, logistique…Ils font appel aux finances, à la formation, à la mise en œuvre d’équipements structurants nouveaux, à l’organisation de nouvelles structures de soutien et de portage, à la formation professionnelle de l’accueil touristique rural.
Enfin, il conviendra de s’interroger sur l’émergence de nouveaux métiers liés à la pluriactivité agri-touristico-culturelle.

Les solidarités rurales se déclinent sur plusieurs registres.

Les solidarités humaines

Ce sont celles qui s’expriment à l’intérieur du territoire entre producteurs (agricoles essentiellement) et se définissent comme des solidarités professionnelles.
Elles ont structuré les modes de l’organisation de la production en donnant naissance au mouvement coopératif, au syndicalisme paysan, au koud’main.
On s’interrogera par conséquence sur l’évolution de cette solidarité en se posant la question de son renforcement ou de son délitement.

Les solidarités territoriales

Ce sont celles qui s’expriment entre espaces géographiques. On les rencontre à deux niveaux :


inter/rural : peut-on parler d’une conscience identitaire entre les territoires ruraux réunionnais et quelle est sa visibilité ?


entre le rural et l’urbain : en dehors de rares opérations de déconcentration d’équipements (on pense notamment à la construction du siège du Parc National à la Plaine des Palmistes) quelles sont les formes de solidarités entre ces territoires ?
 Dans les domaine du social et de l’éducation notamment quels sont les outils à mettre en œuvre pour réduire l’inégalité entre ces territoires ?

Les solidarités politiques

Ici se pose la question de la gouvernance rurale. Les territoires ruraux sont-ils condamnés à n’être qu’une périphérie exotique d’un centre urbain ou leurs spécificités ne réclament-elles pas une organisation politico-administrative mieux adaptée à leurs besoins ? Cet enjeu pose la question de l’affichage politique de la ruralité comme une vraie priorité régionale, de la prise en compte du développement de l’espace rural par les intercommunalités et de nouvelles audaces innovantes qui, à l’instar de la politique de la Ville (CUCS) définirait une politique du rural dans le cadre d’un Contrat Rural de Cohésion Territoriale.