Allocution de clôture du Maire

Mesdames, Messieurs, mes chers amis,

Nous venons de vivre trois journées intenses qui ont été riches en productions originales et en propositions de travail pour 2018. Pour la première fois depuis 2004, j’ai le plaisir de vous dire que nous ne clôturons pas nos travaux, car l’Uroi, dès ce soir continue en se constituant en Université rurale permanente de l’Océan Indien.

Vous avez été confrontés dans les ateliers à des problématiques qui concernent nos trois îles :

• problématiques liées à l’élaboration d’un projet de territoire comme nous l’avons vu à Grand-Coude,

• problématiques de la mutation du métier de l’agriculteur soucieux de la préservation de son environnement et de la santé publique comme elles ont été exposées à Saint-Pierre avec l’Armeflhor et dans une exploitation agricole innovante qui est une véritable entreprise agroécologique,

• problématiques et enjeux de la participation, qui est la nécessité, comme diraient certains, mais moi je préfère dire l’ardente obligation d’associer la population aux diverses étapes de mise en œuvre d’un projet de développement local.

Nos îles sont riches d’initiatives qui nous donnent confiance pour demain. Ce qui a été présenté par exemple à Saint-Leu avec le coco et le cacao témoignent de cette opiniâtreté de nos acteurs ruraux à aller chercher dans l’histoire de notre ruralité, dans ce que nous avons un peu trop vite enterré, les ressources « nouvelles » entre guillemets, créatrices d’emploi. Un quotidien local titrait il y a quelques jours sur le mourongue et mettait en avant ses vertus. Nos anciens les connaissaient déjà, de façon empirique. Nous avons beaucoup à gagner en interrogeant ces savoirs ancestraux pour les actualiser dans un processus de mise en œuvre de véritable filières agroécologiques.

Toutes ces problématiques se rejoignent dans une seule préoccupation que nous avons, nous élus : comment penser un projet de bien-être territorial ?

Cette interrogation est en elle-même une avancée car il ne s’agit plus seulement de consentir des efforts financiers sur les équipements nécessaires mais de mettre l’accent sur l’adéquation entre ce que nous appelons structuration de l’espace et ressenti de ceux qui y habitent. Les travaux de ce matin sur « comment faire la ville rurale de demain » nous ont donné des pistes intéressantes.

Nous, élus, en charge non seulement de la gestion du quotidien mais aussi du devenir de nos territoires devons être attentifs aux rêves que formulent nos concitoyens, toutes générations confondues. Et ce qui a été entendu dans l’atelier « dires des acteurs » ce matin est édifiant. Nous rêvons tous d’un avenir territorial qui permette l’épanouissement de nos talents, où l’équilibre entre les espaces ruraux et urbains, leurs évidentes complémentarités seront la condition de la préservation des ressources naturelles car, hélas, nos erreurs dans l’aménagement du territoires entraînent des désordres irréversibles.

Rodrigues, invitée d’honneur a aussi caressé des rêves dans le devenir du tourisme local et dans une gestion intelligente de ses villages. Nous avons à apprendre de cette île et plus particulièrement de leur politique de renforcement de l’identité rodriguaise qui leur donne confiance dans leur désir d’entreprendre. Je profite de l’occasion qui m’est donnée pour me réjouir et vous féliciter pour l’inscription du séga tambour au patrimoine immatériel de l’Unesco.

On l’a dit depuis lundi et cela transparaît dans tous nos travaux : il y a une forte demande de ne pas en rester là de continuer ces rencontres. C’est pourquoi, dès aujourd’hui, nous initions un processus dont l’objectif est de constituer un réseau rural indiaocéanique matérialisé par une résolution qui engage moralement nos trois îles.

Mayotte, dès mardi, nous a signifié sa volonté de tenir une édition de l’Uroi chez elle. Nous sommes honorés de cette invitation et dès maintenant nous vous pouvons vous assurer que vous pouvez compter sur l’ingénierie que nous avons développée depuis quelques années pour matérialiser cette intention. C’est cela aussi la mutualisation des expériences.

L’Uroi est un espace de formation en lien étroit avec les préoccupations des territoires. Les meilleurs experts du local ne sont-ils pas ceux qui habitent les quartiers, qui y travaillent et imaginent leurs futurs ? C’est dans ce sens que nous souhaitons établir un partenariat avec L’IAE de Pau-Bayonne pour élaborer des programmes de formation sous forme de recherche-action en vue de doter les acteurs du développement local d’outils opérationnels pour accroître leurs compétences.

Je voudrais terminer mes propos en vous remerciant pour votre participation. Merci pour la qualité de votre engagement pour le développement de nos îles, merci aussi pour ce que vous allez entreprendre chacun suivant son talent. Merci aux délégations de Mayotte et de Rodrigues. Vos interventions ont été pertinentes et augurent un bel avenir pour l’Uroi.

Patrick LEBRETON, Maire de Saint Joseph.

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Discours de clôture du Maire

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