Itinéraire 3 : L’agro-écologie, l’agriculture raisonnée, la permaculture. Effets de mode ou nécessité d’une nouvelle agriculture ? Entre traditions et modernité, portrait de l’agriculteur de demain.

Exploitation pilote en agro-écologie à l’Ilot Paradis chez Sandrine Baud, Ligne Paradis - primée aux Journées de l’innovation 2017 - Visite du Cirad/Armeflhor : l’innovation technique et scientifique et le développement rural. La Coccinelle, l’Atelier paysan - Toulassi Nurbel, responsable Valorisation et transfert, Armeflhor

Animateur : Alexandre FONTAINE, service développement économique, Ville de Saint-Joseph

Notre itinéraire à Saint-Pierre nous interpelle sur 2 points, celui de l’agriculture innovante et celui du portrait de l’agriculteur d’aujourd’hui et de demain. L’agriculture que nous avons observée est innovante. En effet, l’ARMEFLHOR et la Coccinelle nous ont montré qu’en matière de lutte biologique, l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Car les auxiliaires de culture issus de la nature réunionnaise peuvent remplacer certains produits phytosanitaires en parasitant ou en se nourrissant des ravageurs de culture. Nous avons compris aussi que les agriculteurs, les expérimentateurs et les chercheurs, chacun avec ses compétences, s’organisent et travaillent ensemble afin de développer les techniques d’une nouvelle agriculture qui sera transférée sur les parcelles. L’enjeu est important pour la santé publique, celle des agriculteurs et des consommateurs.

Deuxièmement, le portrait de l’agriculteur d’aujourd’hui et de demain se révèle au travers de l’exemple de Sandrine BAUD, agricultrice biologique ou agricultrice de l’agro-écologie. Nous prenons conscience qu’un agriculteur est un gestionnaire pour son exploitation, un expérimentateur sur ces parcelles, un constructeur pour adapter son matériel agricole, un observateur de son écosystème, voire un gestionnaire administratif et comptable de son entreprise très difficilement. Cependant, l’agriculteur est surtout un producteur car Mme BAUD produit de 20 à 40 T sur l’exploitation dont 8 T de mangue José. Différentes expressions ont été évoquées et interrogent, telles que l’agriculture raisonnée, l’agriculture biologique, l’agro-écologie entre autres. A côté des compétences purement agricole, Mme BAUD nous dit qu’elle souhaite respecter le bon sens du savoir-faire péi et le patrimoine. L’exploitation que nous avons visitée est une réalité de terrain de ces différentes expressions qui ne sont pas toujours comprises entièrement ni simples à circonscrire. Elles ne doivent pas être opposées car l’agriculteur s’adapte à son environnement et doit vivre de son activité parfois au détriment de l’idéal de l’agriculture biologique. Ces mots pourraient représenter plutôt des niveaux de perfectionnement. Mais un paradoxe apparaît : l’agriculture innovante est aussi fragile. C’est, par exemple, par le manque d’accessibilité des financements publics aux « petits paysans » à savoir celui qui aime sa terre et la cultive avec respect, ou le manque de temps et de compétences pour les choses administratives, « Ce n’est pas le travail d’un agriculteur dit-on ! ».

Propositions

1. Utiliser le pouvoir politique et ses hommes pour porter l’agriculture biologique au sens large, surtout qu’un défi important nous arrive, celui de la canne à sucre ;

2. Mieux utiliser la souplesse des marchés publics pour introduire les produits bio ;

3. Agir par les jeunes générations au moyen de la restauration scolaire afin de les instruire et en partie les éduquer à une consommation plus responsable ;

4. Mettre en œuvre un plan Marshall de l’agriculture à l’Île Rodrigues fort des exemples du territoire de La Réunion.

5. Créer un organe ou une structure accessible pour accompagner davantage l’agriculteur dans les formalités administratives, notamment sur les financements publics afin de soutenir les paysans, acteurs de l’innovation ;

6. Agir sur le consommateur qui doit devenir un consomm’acteur face aux problèmes de santé publique. Tel un électeur qui choisit son candidat par un bulletin de vote dit-on, il peut choisir la qualité de son produit alimentaire son billet de banque et prioriser sa santé.

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Itinéraire 3 Saint-Pierre

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