Atelier 2, « Comment faire participer la population à un projet de développement local ? »

Cet atelier a fait le point sur la définition des méthodes participatives allant du diagnostic à un projet de développement territorial porté par les groupes de citoyens. l’hypothèse de base étant qu’un projet de développement local n’a de sens que s’il est pensé conjointement par les citoyens et les élus.

Intervenants :

Daniel Guérin, Chef de projet Porte de Parc, Mairie de Salazie

Al Ramalingom, Chargé de mission UROI

AD2R

Synthèse rédigée par Marie Alice ALI et Valérie FELICITE

Préambule

Comment est arrivé ce thème dans l’UROI ?

C’est un cheminement dans la démarche de préparation qui a conduit à questionner les concepts de base. Quelle place donnons-nous à l’Homme ? Qui sommes-nous ? Habitants, institutions, politiques, professionnels, décisionnaires….

Ces questionnements sont un des fils conducteurs de l’UROI. Ils nous amènent à construire des définitions communes et partagées, base des réflexions et des projets futurs. En tant que communauté universitaire aujourd’hui, nous nous posons ces questions :

• Comment mobiliser et fédérer la population autour d’un projet ? Pour quelles raisons la population va participer ? Comment associer les gens à la démarche participative, aux prises de décision ? Comment susciter leurs intérêts, leurs adhésions au projet ? Que met on en place pour les rendre acteurs ? voir les rendre autonomes ? Comment susciter la participation en passant de l’intérêt individuel à l’intérêt collectif ? Comment co-construire avec la population ?

• Comment mettre en place un partenariat d’acteurs ?

• Comment associer les élus, les décisionnaires à cette démarche ?

Au-delà de ces interrogations, l’intitulé de l’atelier « Comment faire participer la population à un projet de développement local ? » interroge les participants. La formulation donne le sentiment d’imposer la question à la population et instaure immédiatement un rapport de force Dominé/Dominant. A l’unanimité, les universitaires présents soulignent que la participation doit être « naturelle ». Aussi, toutes les interrogations précédentes induisent des définitions qui doivent être partagées par tous, et qui constitueront un socle commun avant d’entamer toute réflexion.

1/ Une proposition commune de définition des concepts

Chaque terme de cette phrase apporte des concepts tels que la participation, le territoire, la population /les acteurs et sous-tend une méthodologie, des outils ainsi que la mise en place d’indicateurs d’évaluation de l’action.

L’assemblée propose les définitions suivantes :

La participation, c’est : un terme qui questionne, on devrait dire « parler d’initiative de la population » et non « faire participer » La participation c’est donc donner une place à l’habitant, le laisser s’emparer de l’idée et lui permettre d’y adhérer.

Qu’est-ce qu’un territoire ? Un territoire c’est où nous sommes, c’est des richesses sous-exploitées, c’est une identité, c’est un potentiel de développement.

Quand on parle de Population et/ou d’Acteur, que dit-on ? • La population C’est nous ! Nous sommes la population et tous concernés par les projets de territoire. La population c’est un territoire, une identité, un groupe qui partage des valeurs et des centres d’intérêts communs et passe d’un projet individuel à un projet collectif. • L’acteur ? C’est un militant, peut être associatif, une personne qui peut apprendre et tout le monde peut apprendre.

L’habitant est-il un spectateur, avec un projet imposé ou un acteur, avec une idée qui vient de lui ?

La méthodologie et les outils : Comment faire, quels outils faut-il utiliser ? Une méthodologie s’impose afin de mener à bien une démarche participative et des outils sont indispensables. Il est nécessaire de revenir au local mais de ne pas reprendre les outils du global. Qui fait le projet ? Pour qui ? Comment le faire ? Les étapes ressorties des réflexions sont listées ci-dessous de manière à reprendre les paroles acteurs présents.

Thème Objectif Méthodes Observation  Capter les énergies Balades, immersions, rencontres avec les personnes Mémoire  Avoir un lieu de capitalisation des expériences pour permettre aux chargés de mission ou à toute personne qui souhaite portée un projet d’avoir un historique des actions passées Retour dans le passé, transmission de la mémoire Diagnostic

Aller sur le terrain, écouter les gens, repérer les acteurs Besoins à prendre en compte Pilotage  Co-construction avec les personnes concernées

Adhésion  Faire adhérer, établir une relation de confiance Associer les gens en amont Pédagogie, redondance de l’information, contact, sensibilisation  Indicateurs de réussite : Quantitatif/ qualitatif Il faut déterminer et prendre en compte Les éléments de satisfaction pour la réussite d’un projet A l’unanimité Le qualitatif prend le pas sur le quantitatif dans des actions de participation A partir de quel pourcentage, quel volume dit-on a réussi une action ? Comment la participation donne-t-elle de la valeur à l’action ?

Temporalité : Le temps des habitants n’est pas le même que ceux des professionnels. Se donner le temps car la population est dans la méfiance.

Finalité du projet

Est à déterminer Solidarité des personnes Fierté de voir le résultat

2/ Les réussites et les écueils des projets par les dires d’acteurs

  La réussite d’une action passe par : • La démarche participative, se fait naturellement quand les gens se sentent concernés. • L’habitant doit être associé en amont et aux différentes étapes du projet, • La notion de respect des personnes, des sources d’inspiration, et d’écoute des besoins et la notion du faire ensemble • l’accompagnement : comment initier, susciter et faire accepter le projet au niveau supérieur ? susciter la confiance ? • La meilleure façon de faire, c’est de faire soi-même, de construire un projet personnel et ensuite de faire adhérer et fédérer les autres autour du projet, montrer l’exemple. • Le porteur de projet doit avoir un profil spécifique • On fait les choses avec les gens et non pour les gens. • Il faut croire en l’intelligence collective • Écouter, analyser, décider n’est pas donné à tout le monde • Il n’y a de petits projets, toute action a sa place et sa légitimité. • Il faut agir en amont des problèmes. • Oublier les règles de profits et de croissance • Les notions de plaisir/peur s’opposent. La population adhère si elle prend du plaisir. Si elle a peur, elle rejette l’action. Exemple de la lutte contre le diabète. • On ne motive pas quelqu’un ; il doit y trouver un intérêt. Besoin de l’adhésion du destinataire. Qu’est ce qui fait que je me mobilise ? C’est parce que je crois. Notion d’envie • Partenariat : notion de confiance et de notoriété quand les partenaires s’engagent Politique • Politique citoyenne, collectif • Démocratie participative • La nouvelle société impose des changements de politique et du politique • Notion de confiance donné aux administratifs • Définir la place de chacun dans le projet • Intégrer Public/Privé

Les écueils et les freins des projets • Pourquoi attendre d’être associé à un projet ? Nous pouvons prendre l’initiative. Si on attend, on ne fait rien. • Démarche venant d’en bas ou d’en haut (top down et up down) • On cherche à convaincre les gens de nos projets même s’ils n’en ont pas besoin. • Ce n’est pas évident pour la population de participer à l’espace public. • Ne pas donner des illusions aux gens / Fausses bonnes idées • « donnez-nous vos idées, vos projets » et après ? • Lancer des assises alors que les conclusions sont déjà établies et le plan d’action écrit : à Mayotte, on a construit des équipements sportifs, inutilisés aujourd’hui car construits sans la participation • Les aspects réglementaires et sécuritaires freinent les projets. • Les chefs de projet deviennent des « amoureux » des fiches de projets avec un équilibre budgétaire. Or, ils doivent être au service d’un projet. • Le comportement est dicté par un équilibre budgétaire et pas par l’action.

Le film d’Ibrahim met en lumière l’ensemble des thèmes abordés dans ces réflexions et abordent le processus d’une démarche participative réussie. Il met en exergue une problématique, une volonté des acteurs à enclencher un projet, la volonté des politiques à le soutenir et enfin l’adhésion de la population.

3/ Les résolutions où quelles suites à donner à cet atelier de réflexion ?

FORMATION : faire face à la mutation de la société en se formant en continu • Mettre en place des formations pour les professionnels et les bénévoles sur la notion de participation • Mener des modules de formations et d’enseignement appliqué RÉSEAUTAGE : partager et bénéficier des expériences de l’Océan Indien, tisser du lien entre acteurs • Découvrir d’autres expériences dans l’Océan Indien • Création d’une plate-forme afin de mettre en réseau les expériences, les témoignages et les acteurs • Développer les réseaux sociaux 

PARTAGE D’EXPÉRIENCE : essaimer le modèle de l’UROI • Mener un Kafé Citoyen à la Possession • Accueillir la prochaine Université Rurale à Mayotte (invitation de l’adjointe au Maire de Bandrélé) • Mener une action avec un porteur de projet individuel autour du sel de Bandrélé et de la Réunion • Poursuivre les groupes de réflexion en continu • Partage autour du vivre ensemble Mayotte/Réunion 

Conclusion

Un constat est fait aujourd’hui que la manière de fonctionner d’avant à échouer donc que faire maintenant ? N’ayons pas peur, osez, osons, construisons des actions avec les habitants

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Atelier 2 du 06 décembre 2017

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