Un peu d’histoire

 

L’île de la Réunion, située dans le Sud-Ouest de l’Océan Indien, est possession française depuis 1638. Elle sera baptisée Bourbon en 1649, en l’honneur du Roi Louis XIV. Elle est déserte à l’origine. Les premières véritables tentatives de colonisation n’interviennent qu’en 1663 puis en 1665, date à laquelle Etienne Régnault et quelques compagnons, européens et malgaches, débarquent dans l’île.

L’administration de la colonie est confiée à la Compagnie Française des Indes Orientales, créée en 1664 par Colbert. Si les premiers habitants vivaient en grande partie d’une pêche et d’une chasse intensives, ils durent très vite se plier aux exigences de la Compagnie et se lancer dans l’agriculture.

Dans les années 1710 notamment, la culture du café est introduite à Bourbon : celle-ci amorce le développement économique de l’île et la structuration de la société bourbonnaise. Elle y justifie également l’officialisation et l’intensification de la traite des esclaves. Tout au long de son histoire, l’île connaît des vagues d’immigration successives en provenance de la France, mais la population blanche reste très minoritaire comparée à la main d’œuvre servile.

En 1765, suite à la liquidation de la Compagnie Française des Indes Orientales, Bourbon est rétrocédée au Roi, mais continue à jouir d’une situation économique faste basée sur la culture du café et des épices.

En dépit de son éloignement géographique, la colonie vit à l’heure de la révolution française. Ainsi, en 1789, l’assemblée coloniale prend le pouvoir et destitue l’administration royale. En 1793, en souvenir de l’union des Marseillais et des gardes nationaux pour l’assaut des Tuileries, elle devient l’île de la Réunion.

En 1806, elle change encore de nom pour s’appeler l’île Bonaparte. En 1806 et 1807, elle essuie les ravages de cyclones particulièrement intenses qui sonnent le glas de la culture du café et du giroflier. Toujours au chapitre des mésaventures, elle tombe entre les mains des Anglais en 1810 : en effet, elle se trouvait en première ligne dans le conflit qui opposait Napoléon Bonaparte aux Britanniques dans l’Océan Indien. Toutefois, l’île est rétrocédée à la France en 1815, étant jugée peu stratégique sur les plans commercial et militaire.

Elle reprend alors son nom d’île Bourbon, et se lance dans l’aventure de la canne à sucre. C’est une ère de grande prospérité pour l’île : la société de plantation y connaît sa pleine mesure, et la traite des esclaves atteint son paroxysme. Lorsque l’esclavage est aboli le 20 décembre 1848, on comptait plus de 60 000 esclaves à Bourbon. Cette abolition, officiellement déclarée par Sarda Garriga, intervient l’année même où la République est proclamée, ce qui donne l’occasion d’un ultime changement de nom : l’île redevient, définitivement cette fois, la Réunion.

Bien que simple colonie, la Réunion reste fortement attachée à la Métropole : aussi, lors de la Grande Guerre, les Réunionnais se sont-ils rendus massivement au front, afin de défendre la France.

En 1940, le Gouverneur de l’île Pierre Emile Aubert fait allégeance au gouvernement de Vichy. Cependant, dès 1942, l’île est libérée par le commando des Forces Françaises Libres. Forte du patriotisme de ses habitants, elle se range, comme les autres colonies françaises, aux côtés du Général de Gaulle.

Elle en sera récompensée puisqu’en 1946, elle devient département français d’outremer. La région Réunion est créée, quant à elle, par les lois de décentralisation de 1982, à l’instar des autres régions françaises. Grâce à son statut, la Réunion a connu, ces dernières décennies, un développement accéléré, qui hélas a produit ses laissés pour compte : en 2006, plus de 30 % de la population active réunionnaise est au chômage, mais on peut compter sur une jeunesse nombreuse, de plus en plus qualifiée et entreprenante !

En bref

5ème édition de l’UROI

Rendez-vous à Saint-Joseph les 10, 11 et 12 décembre 2014 pour la 5ème édition de l’Université Rurale de l’Océan Indien à Saint-Joseph.

13 octobre 2014