Conclusion

Par Josie Richez-Battesti
 

EN CONCLUSION de cette synthèse générale qui, comme celle des précédentes UROI, me paraît toujours bien rapide tant les thèmes sont riches, tant les travaux le furent aussi, je voudrais lancer quelques pistes puisque c’est presque devenu une habitude de terminer cet exercice en proposant de nouveaux chantiers, ou plus modestement en invitant à prolonger ceux déjà en cours. Aujourd’hui, en tout cas, il semble particulièrement opportun d’évoquer le travail qu’il nous reste à mener pour articuler entre eux les trois thèmes traités durant cette session d’Université, et pour trouver les articulations les plus opportunes avec les grandes questions qui interrogent nos sociétés rurales.
Je pense notamment et en tout premier lieu à la formation et l’information pour tous tout au long de la vie, à l’éducation pour tous. Plus nous voulons entrer dans des démarches de développement durable, responsable, auto-soutenables par les populations elles-mêmes, plus il est important de donner à chaque individu et groupe d’individus, les moyens d’une citoyenneté active et responsable. Cela est aussi vrai pour la thématique de la santé et l’exercice de notre responsabilité au niveau de nos corps, pour la question des nouvelles technologies qui excluent, si on ne se donne pas les moyens de se les approprier, des territoires dans lesquels nous vivons et dont nous devons savoir décrypter au mieux les potentialités à utiliser, à valoriser, à protéger pour les transmettre, demain, à nos enfants. Ce projet d’éducation pour tous, plus que jamais d’actualité dans le monde, doit revenir au centre de nos préoccupations et constituer un des grands défis pour la planète rurale. Nous pouvons contribuer à le relever.

Je pense en deuxième lieu à la question toujours plus importante des femmes dans nos sociétés rurales en mutation, à traiter en particulier avec la question de la mise en place de nouvelles formes de gouvernance et de la place qu’elles devront y prendre. Ce qui suppose qu’elles soient formées et éduquées à parité avec les hommes. Qu’elles jouissent d’un statut à l’égal de celui des hommes qui leur permettent de faire librement des choix de vie de citoyennes responsables et engagées. Et en milieu rural, peut être encore plus qu’en milieu urbain, nous savons combien les contraintes de tous ordres les maintiennent à l’écart de cette émancipation. Cette question est loin d’être dépassée ; elle est seulement, souvent, trop souvent inaudible.

Je voudrais citer aussi les questions d’écologie et d’environnement. Elles sont devenues majeures, nous en avons tous conscience et y compris conscience de nos propres responsabilités tant comme acteurs et actrices, chacun à notre niveau, de ces dérégulations, que comme acteurs et actrices d’un changement pour une planète plus responsable... ce qui nous renvoie à l’urgence de la question de l’éducation pour tous et de faire de notre société une société de connaissance : n’est-ce pas le défi que s’est lancée la Commission Européenne pour le XXIe siècle ?
L’obligation de réinventer ou plus simplement de tenir compte de modèles de consommation plus économes en énergie, plus équitables, plus raisonnables pour l’environnement et notre santé renvoie aussi à cette prise de conscience et à la formation de chacun d’entre nous. Et dans cette approche, nous ne doutons pas que les ruraux puissent être à l’avant-garde. Ils sont en effet plus proches de la nature, largement en symbiose avec le rythme des saisons, avec les aléas climatiques et géophysiques et les logiques du vivant. C’est un atout incontestable que possède la planète rurale à l’aube de ce siècle et de ce grand virage à amorcer pour notre société tout entière. Nous devrons en jouer et y puiser les forces pour négocier notre articulation et nos relations à la société urbaine et imposer le monde rural à parité avec l’urbain dans l’élaboration et l’application des nouveaux modèles de développement. Et ceci nous renvoie à la question centrale, nous avait dit Gérard Peltre en 2006, de la place du monde rural dans la société, « il faut que les ruraux puissent rendre visible ce qu’ils font, ce qu’ils sont, que les pôles ruraux deviennent un atout majeur de développement des territoires et de cohésion au sein des régions ; il faut replacer le rural au cœur des grands enjeux de notre société ».
Alors Mesdames et Messieurs, participants actifs de l’UROI, collègues, amis, membres actuels et à venir de nos Universités Rurales, les pistes de réflexion ne manquent pas ni les thèmes à traiter, ni les actions à entreprendre, nous devons seulement choisir nos priorités et nos urgences pour continuer nos travaux, débattre, échanger et partager et décider d’avancer ensemble.
Ne doutons pas que nos amis de Saint-Joseph sauront relever ce nouveau défi. Nous le lançons pour la prochaine session des Universités Rurales Européennes qui devrait se tenir ici en 2010.

Mais permettez moi, avant de prendre date pour ce nouveau rendez-vous, de vous remercier pour votre participation et votre écoute.

En bref

5ème édition de l’UROI

Rendez-vous à Saint-Joseph les 10, 11 et 12 décembre 2014 pour la 5ème édition de l’Université Rurale de l’Océan Indien à Saint-Joseph.

13 octobre 2014